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Conférence en ligne:         Votre enfant est-il à Haut Potentiel ?

Questionnaire

    Les études et moi

   Êtes-vous un apprenant typique ?

Le but de ce questionnaire est essentiellement de voir si les études vous posent problème et comment il serait possible de faire de votre difficulté une force..

Adresse e-mail :

Prénom et nom:

Âge:

Motivation et conditions:

 

 

Aimez-vous étudier ?

Comment cela se passe-t-il lorsque vous vous installer (à votre bureau ou ailleurs) pour étudier ?

 

 

 

 

Faites-vous des études actuellement ?

Quelles études avez-vous accomplies et/ou entamées jusqu'à présent ?

Avez-vous déjà opté pour un choix professionnel ?

 

 

Si oui, lequel ?

 

 

 

Le pratiquez-vous déjà ?

 

 

 

 

Etudiez-vous pour vous préparer ou vous améliorer dans ce domaine professionnel ?

 

Étudier est-il facile pour vous ?  Expliquez.

Apprenez-vous plus facilement des matières scolaires ou non-scolaires ?

Quelles sont vos matières favorites (scolaires et non-scolaires) ?

Où apprenez-vous le mieux ?

  • A l'école (ou à l'Université) ?

  • A la maison ?

  • Ailleurs ?

   Expliquez

Qu'est-ce qui vous motive à apprendre ? (pas seulement dans le domaine scolaire)

  • Le désir d'obtenir mon diplôme

  • L'intérêt que suscite en moi une matière ou un sujet spécifique

  • La peur des sanctions

  • Le désir de comprendre le monde

  • Tant que c'est facile, pourquoi pas ?

  • Le désir d'obtenir une récompense

  • Autre (expliquez)

Qu'est-ce qui vous intéresse dans la vie ?

Dans quelle(s) positions étudiez-vous le mieux (assis à mon bureau; couché sur mon lit; en marchant.....) ?

Quelles sont vos techniques d'apprentissage préférées ?

  • J'observe comment on fait et je tente de reproduire

  • Je tente de me faire une photo de la page que je vois

  • Je me répète intérieurement -ou à haute voix- ce qui est écrit

  • Je me fais des images et des films dans la tête

  • Je réécris ce qui est important à retenir

  • Je construis des histoires qui vont m'aider à mémoriser

  • Je construis un schéma heuristique (ou Mind Map)

  • Autre (expliquez)

Expliquez en quoi votre état émotionnel influence ou n'influence pas votre capacité à étudier.

Avez-vous actuellement un projet -ou un rêve- professionnel ou d'apprentissage ?  Lequel ?

Pensez-vous qu'il est possible d'étudier facilement à l'école quand on n'est pas "scolaire" ?

Souhaitez-vous découvrir comment vous pourriez apprendre mieux et plus facilement ?

Articles :

I/ Spécificités des personnes à Haut Potentiel Intellectuel (allias Kangourous)  Marianne Gassel
                                                                                                      

 

Il est parfois difficile de reconnaître les personnes dites à Haut Potentiel Intellectuel ou « surdouées ».  En effet, ces expressions-mêmes ont tendance à nous induire en erreur : on pense souvent qu’il s’agit de personnes pour lesquelles les études vont être faciles et l’intégration dans le monde du travail encore plus…  Si c’était le cas, on ne trouverait pas autant de littérature
–scientifique ou littéraire- sur le sujet.

Ainsi, à l’instar de nombreux praticiens, ces termes ne me plaisent pas, d’autant qu’ils semblent établir une différence quantitative alors que les différences sont essentiellement qualitatives.

Je leur préfère les métaphores telles que celle la plus utilisée par des spécialistes qui, à la suite de Jeanne Siaud-Facchin, parlent souvent de zèbres afin de mettre en évidence la spécificité de ce profil et, en son sein les particularités de chaque individu (les rayures des zèbres sont aussi personnelles que le sont nos empreintes digitales).  Personnellement, j’ai adopté la métaphore de mes compatriotes néerlandophones et parle de « Kangourous ». Kangourous parce qu’une des caractéristiques de ces personnes est la pensée  arborescente et très rapide qui donne l’impression à l’observateur qu’il bondit d’une idée à l’autre, sans suite logique, pourrait-on croire même si dans la réalité toutes les pensées s’enchaînent.  Seulement, elles ne s’enchaînent pas de manière linéaire mais partent dans différentes directions à la manière d’un tronc d’arbre qui se divise en diverses branches qui, elles-mêmes se subdivisent… Une simple parole, une simple image, un son, une odeur, une sensation, une idée….peuvent entraîner mille souvenirs, pensées, réflexions, émotions, projets….  Quelle richesse, que ce processus intérieur !  Mais en même temps, quelle difficulté à gérer, par exemple dans le cadre d’une classe au sein de laquelle il s’agit de suivre les explications d’un professeur !

Outre cette spécificité des processus mentaux propres à une intelligence globale (par opposition à l’intelligence analytique, majoritaire), ce type de personnes est souvent pourvu d’une hyper-sensibilité sensorielle qui peut toucher un ou plusieurs des 5 sens.  Il peut donc souffrir de stimulations qui paraissent normales à la majorité des gens : sons trop forts ou de mauvaise qualité, luminosité trop vive, odeurs nauséabondes ou de parfums, etc …

Et, souvent le plus difficile à supporter : une hyper-émotivité. Toute perturbation du climat affectif risque de l’affecter profondément.   Pas la peine de discourir sur ce que peuvent entraîner chez lui les tensions familiales, par exemple.  Ou, en classe, un professeur qui profère des paroles de rejet, de jugement, de comparaison, etc… ou qui crie.  Même s’il ne crie pas sur l’enfant concerné, ce dernier supportera mal ces cris.  Si, de plus, il a l’impression que l’enseignant commet des injustices, que ce soit vis-à-vis de lui-même ou d’un autre, d’une part, et selon son tempérament, il pourra entrer dans de violentes colères ou se retirer dans son monde intérieur et ne plus interagir avec l’enseignant.  D’autre part, ce dernier sera complètement décrédibilisé à ses yeux. 

Décrédibilisé, l’enseignant le sera également s’il fait mine d’être « celui qui sait » et qu’il commet une erreur sans la reconnaître, par exemple.  L’humilité est une nécessité absolue pour qui enseigne à ce type d’élèves.  Or, les statistiques indiquent entre un et deux enfants HP par classe en moyenne (classes belges de 20 - 25 enfants).

 Un autre aspect fort important chez cette personne est qu’elle a besoin que tout, dans sa vie, fasse sens.  Donc, l’écolier ne se contente pas d’un « tu dois obtenir de bons points », dans la mesure où ces points ne signifient rien pour lui.  Si la matière et la manière dont elle est enseignée font sens pour lui, il écoutera et retiendra facilement ce que le professeur lui apprend et, encore plus, ce qu’il découvre par lui-même.  Par contre, s’il reçoit des petites unités d’information coupées du reste, il n’y aura pas de sens intrinsèque et il se perdra dans les branches de son arbre intérieur. 

Il est donc courant que ce type d’enfants réussisse facilement l’école primaire parce que tout y est évident pour lui et qu’il n’a pas à fournir d’effort de compréhension.  Il en sera sans doute de même durant les deux premières années de secondaire et personne ne s’inquiètera de ses apprentissages.  Mais dans les années suivantes, la matière se complexifiant, sa manière de faire habituelle ne donne plus les résultats escomptés.  Il s’agira qu’il se mette à faire des efforts de compréhension et, pire encore, de mémorisation (ce que généralement il n’a jamais dû faire auparavant parce que tout ce qu’il comprenait, il le retenait d’office).  Et là, s’il ne se trouve pas dans un environnement favorable pour lui, ses résultats commenceront à baisser et nombreux sont ceux qui en arrivent à décrocher.

Il est bien évident que, outre ses besoins en matière intellectuelle, cet enfant aura besoin d’un climat affectif favorable pour pouvoir dépasser ces obstacles.

Ce type de climat ne règne pas en maître dans la majorité des classes de la majorité des écoles.  De là à ce que l’enfant ou l’adolescent devienne difficile et se fasse traiter de caractériel –ou se replie sur lui-même et se coupe de tous, y compris de ses pairs- il n’y a qu’un pas.

Nous voyons donc que la personne à HP ne vivra pas forcément une scolarité toute rose et une insertion sociale aisée…

Outre ce tableau rapide qui donne une idée de qui est la personne à HP, il y a des critères scientifiques.

Souvent, on s’occupe essentiellement de quotient intellectuel.  En Belgique, est reconnue comme HP une personne dont le QI total est d’au moins 125 (la moyenne se situant entre 80 et 120) ou dont la moyenne est d’au moins 120 avec, au minimum un domaine qui s’élève à 130 minimum.  De là l’impression qu’être HP est une question quantitative : un QI élevé.  La réalité est un peu plus complexe.  D’abord, afin que notre HP puisse donner le meilleur de lui-même, il lui faut un climat affectif propice.  Si le praticien s’efforce –souvent par souci de neutralité scientifique- de se montrer neutre, la personne –surtout si c’est un enfant ou un adolescent, le considérera comme froid et distant. Ses performances peuvent en être affectées au point que certains sont considérés comme handicapés mentaux.  Une fois un climat chaleureux établi, le praticien obtiendra des résultats plus fidèles à la réalité.  Cependant, un profil caractérisé par d’excellents résultats dans tous les domaines explorés par le test ne signifie pas forcément que la personne soit ce qu’on appelle HP.  Il peut être le fruit d’un surinvestissement intellectuel chez une personne à l’intelligence linéaire (non globale).  Alors que chez les HP, on observe presque systématiquement des résultats relativement bas sur le plan de la vitesse de traitement et de la mémoire de travail.  Parfois même, l’un –ou les deux- de ces résultats peuvent être inférieurs à la moyenne inférieure.  Dans ce cas, on ne peut évidemment pas prendre en considération le QI total qui se situe parfois dans la moyenne.  La non-harmonie des résultats constituerait plutôt un signal de profil à HP.  A remarquer que cette anharmonie est le plus souvent visible dans le quotidien de l’enfant, ce qui est souvent perturbant pour les parents et enseignants : leur maturité intellectuelle est largement en avance sur leur âge alors que leur maturité affective et émotionnelle est celle de leur âge, voire même moins (dans la mesure où ils ont trop à gérer et n’y parvienne pas toujours aussi facilement que les autres)

Donc, même si le QI constitue le critère officiel d’identification d’un profil HP, le praticien le trouve insuffisant et complète par différents tests ou/et questionnaires visant la compréhension de la dynamique psycho-affective et qui permettront de se rendre compte si l’ensemble des caractéristiques converge vers l’identification d’un profil de Haut Potentiel.

L’actuelle compréhension étiologique attribue à la génétique les caractéristiques de ce type de profil.  

Comme si le système neuronique s’organisait d’une manière différente de celle de la majorité.  Cette différence peut notamment générer des trouble a minima tels que légère dyslexie, légère dyscalculie, dysorthographie, dyspraxie ou dysgraphie, légers troubles de l’attention, légère hyper-kinésie, etc… Ce qui n’empêche évidemment pas de présenter l’un ou l’autre de ces troubles dans leur version lourde.

 

Je crois avoir brossé ici un tableau général –et non-exhaustif- du Haut Potentiel.

En résumé :

Points-clefs d’identification d’une personne à HPI

A préciser que toutes ces personnes ne présentent pas toutes les caractéristiques mentionnées

 

Intelligence globale – pensée en arborescence

 

Pensée fulgurante

 

Hyper-sensibilité d’un ou plusieurs modalités sensorielles

Hyper-émotivité

 

Besoin de donner du sens à tout ce qu’il entreprend

 

Valeurs incontournables (telles la justice, par exemple)

 

Difficultés relationnelles : trop colérique (si valeur non-présente, notamment) ou trop replié sur soi-même

 

Compréhension logique facile

 

Mémorisation facile de ce qui est compris et fait sens

 

QI anharmonique (domaine verbal ou/et logico-mathématique très élevé et mémoire à court terme ou/et vitesse de traitement beaucoup plus bas)

 

Troubles d’apprentissages à minima (différentes dys ou/et troubles de l’attention ou/et hyperkinésie

 

                                                                                                                     

II/ Pour une pédagogie du Sens et de l’aspiration: introduire « La Voie de l’Imaginaire »

                                                                   Marianne  Gassel, psychopédagogue                                                        

 

 

I/ Contexte épistémologique

       

 

L'école en désamour

 

Mal à l'enseignement !   Mal à l'école !

Et donc, mal à la vocation !  Mal à l'aspiration !

 

Pourquoi tous ces jeunes trouvent-ils l'école "chiante" ? 

Et pourquoi ne veulent-ils plus apprendre ?

 

On dit souvent aux jeunes : « étudie bien à l’école pour trouver un bon emploi plus tard ».

 

Mais que signifie « un bon emploi », pour l’un et pour l’autre (en supposant même qu’on le trouve, cet emploi) ? 

Pas de place ici pour un débat philosophique mais je voudrais rappeler que le mot "travailler" vient du latin "tripaliare" qui signifie "torturer" au moyen d'un "tripalium".  Qui donc pourrait alors avoir envie de travailler ?

Et si, plutôt, on pouvait "œuvrer".  Le mot "œuvre" vient du latin "opera"… Nettement plus chantant, non ?   Créer une œuvre, c'est créer quelque chose qui vient de qui on est… De notre intériorité.  L'œuvre est un reflet de nous-mêmes.  Quelque soit le domaine dans lequel on œuvre.  

Déjà, si là était l'enjeu: de pouvoir œuvrer, plutôt que travailler…. C'est-à-dire découvrir et suivre sa vocation… Ne serait-ce pas déjà beaucoup plus attrayant ?

 

Dans cet esprit, l’enseignement se baserait essentiellement sur l’expression et l’aspiration : expression de ce qui vit en nous et aspiration vers ce que nous souhaitons apprendre du monde et donner au monde.  Et l’on voit bien que les deux se rejoignent.

 

 

Les enfants et les valeurs

 

Nos enfants d'aujourd'hui sont saturés de biens de consommation.  On n'a  souvent pas pu, pas osé, pas cru devoir –ou pouvoir- leur transmettre des valeurs –nos valeurs, forcément- leur transmettre ce qui faisait sens pour nous… Tant on avait peur de les priver de leur liberté de se construire une pensée libre….  Le problème étant que la pensée –libre ou pas- a besoin de nourriture pour se construire. Elle ne se construit pas à partir du vide.  Et en l'absence de valeurs fortes, le champ est libre pour tout ce qui pousse –dans le cas de nos sociétés : principalement les valeurs de consommation.

 

Et si ce qui nourrissait le plus le besoin d’expression et l’aspiration était de l’ordre de "l’inutile" (c’est-à-dire, le non-rentable) ?  L'étude de la musique, des arts plastiques, de la littérature ou de la danse; le développement d'une passion pas forcément massifiée (je veux dire pas seulement le foot), éventuellement d'une langue "morte ».

 

Quant à la première valeur, au premier besoin non matériel de chaque être, ne s’agirait-il pas de l’amour ?  Et qu’implique ce merveilleux mot ?  Notamment attention à soi et à l’autre ; écoute de soi et de l’autre ; respect de soi et de l’autre, de qui chacun est au plus profond de lui-même….

 

 

 

A la recherche du sens, mais quel ordre de sens ?

 

Nos jeunes, nos enfants, aussi perdus semblent-ils être parfois,  je les crois assoiffés de sens, souvent sans le savoir.  A la recherche désespérée de leur boussole intérieure..

 

Les pédagogies fonctionnelles cherchent à donner du sens.  Que l'enfant comprenne à quoi va servir tout ce qu'il apprend.   C’est très important mais ça ne suffit pas : ce qui donne du sens, est-il spécialement –ou seulement-, ce qui va servir, pragmatiquement parlant ?

Le sens ne viendrait-il pas, aussi, de l'inutile mais qui parle au cœur ?

"C'est utile puisque c'est joli", dit le Petit Prince.

 

Donc, on pense souvent aux sens extrinsèques : à quoi ça va servir –y compris aux points et diplômes que cela va « rapporter ».

On pense moins souvent au sens intrinsèque : au plaisir qu’on retire de l’activité, de l’apprentissage, du beau qu’on y découvre et qu’on produit, de la compréhension qu’on en retire : compréhension de soi-même et du monde…

Tout ceci est d’autant plus essentiel aujourd’hui qu’un grand nombre de métiers peu complexes sont en voie d’automatisation, ce qui implique une diminution des emplois humains dans ces domaines.

 

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Construire les apprentissages

 

Il est à préciser aussi qu'il n’est d'autre manière d'apprendre solidement qu'en construisant ses apprentissages.  Et chacun a sa –ou plutôt ses- manière(s) de construire. 

Il est donc important d'utiliser ce qu'on appelle une pédagogie constructiviste afin que chacun puisse, à son rythme, construire ses connaissances, principalement selon un processus inductif au départ.

Et ainsi, le sens extrinsèque de l'apprentissage apparaît spontanément à l'enfant.  De plus, très souvent, le sens intrinsèque lui apparaîtra également, ne fût-ce que par le plaisir qu'il prendra à découvrir.

Tout cela, bien entendu, à condition que le pédagogue ait œuvré de main de maître pour créer les conditions de la construction.

 

 

Est-ce faisable ?

 

Le système finlandais ne serait-il pas un exemple qui prouve que cela peut fonctionner –et même très bien puisque la Finlande a l’habitude de se retrouver parmi les lauréats du rapport Pisa ?   Pourquoi n’irions-nous pas voir de plus près comment ils réussissent ce miracle qui implique notamment école unique jusqu’à 16 ans et absence de redoublement.

 

II/ Le rôle de l’Imaginaire là-dedans ?

 

Il est apparu, il y a quelques années, que le célèbre magicien « Harry Potter » avait éveillé le goût de la lecture chez nombre d’enfants qui ne voulaient ou n’aimaient pas lire.  Merci à lui et à sa baguette magique !  Bien sûr –et je le déplore- ce miracle s’est largement atténué avec l’apparition des films.   

Le phénomène « Harry Potter » me paraît confirmer l’intuition ou/et l’expérience de certains pédagogues qui, passent –notamment- par l’imaginaire de l’enfant pour éveiller chez en lui le désir et le plaisir d’apprendre, bras de levier essentiel pour que l’école devienne une joie plutôt qu’une pénible obligation.

Je ne peux pas faire l’impasse sur les apports de Jung.  En effet, son travail de recherche sur la vie intérieure des personnes, essentiellement à travers les rêves, en procédant par associations (partant de l’analyse freudienne) déboucha sur la mise en évidence d’un inconscient collectif transcendant l’inconscient individuel et sur les archétypes qui constitueraient un lien, voire, tel Hermès aux pieds ailés, un messager entre cet inconscient collectif et le conscient.  C’est en prenant meilleure conscience de ces figures qui règnent sur les profondeurs psychiques, qu’on peut leur attribuer leur juste place et s’en inspirer dans nos vies.

Le fait de permettre à nos jeunes de reconnaître ces forces intérieures, au travers d’histoires, de jeux contribue à la fois à leur équilibre psychologique, au développement –ou la non-extinction- de leur imaginaire, indispensable pour apprendre, pour réfléchir, pour créer...et au plaisir d’apprendre.

 

Le monde de l’édition, depuis ce succès d’Harry Potter, a permis à un grand nombre de romans mêlant le fantastique, le merveilleux et la science-fiction, d’apparaître, ou réapparaître.  Et ce pour tous les âges. C’est un peu comme s’ils attendaient au portillon de la plume des auteurs ou de la pile de manuscrits dormant chez les éditeurs, qu’on leur ouvre enfin la porte. 

Il en est de même pour les jeux de rôles et les films de cette mouvance.  Concernant les films pour notre jeunesse, je mettrais un bémol dans la mesure où les images y sont servies toutes faites, ce qui ne peut qu’impacter négativement sur l’appel de l’enfant ou de l’adolescent à l’imaginaire.  Lequel appel est incontournable dans la lecture, l’écoute d’histoires et la pratique de jeux de rôles.

 

Ma pratique professionnelle m’a permis d’expérimenter le fait que la plupart des apprenants qui s’ennuient à l’école, se déconcentrent, perdent leur motivation à apprendre, voire ne comprennent pas une matière, se « réveillent » lorsqu’on fait appel à l’Imaginaire.  La métaphore permet souvent de comprendre ce qui paraissait incompréhensible à la seule pensée rationnelle.

 

 

 

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III/ Pistes de réflexion pour l’avenir de l’enseignement en  francophonie

Il est impératif de sensibiliser l’ensemble des enseignants afin que les instituteurs maternels et primaires, ainsi que les enseignants du secondaire et du supérieur de demain intègrent des pratiques qui favorisent le respect de chacun  au travers d’une pédagogie cohérente.  Il s’agira en priorité d’œuvrer en amont de leur formation, c’est-à-dire auprès de leurs formateurs.

 

Cette formation se devra de les inviter à :

 

- Prendre contact avec ce qui fait sens pour eux, dans leur propre vie et  notamment de redéfinir leurs valeurs et le sens de leur profession.

               

 - Contacter leurs aspirations les plus profondes.

 

Ces deux types d’expériences leur permettront, d’une part, de se sentir appelés à remettre en question leur manière d’enseigner et à chercher à se perfectionner, d’autre part, à être plus et mieux à l’écoute des aspirations, de la quête de sens, des valeurs… de ceux qui leur sont confiés.       

 

Elle leur permettra de progresser dans les domaines suivants :

 

  • - Pratiquer l’écoute active

 

- Développer la créativité et l’usage pédagogique de l’imaginaire

 

- Partir des intérêts des apprenants

 

- Développer une pédagogie constructiviste

 

- Mieux utiliser les approches pédagogiques éclairées par les Neurosciences (métacognition, schéma heuristique, photo Reading, etc…).

 

- Découvrir et pratiquer les liens corps-esprit (brain-gym, yoga, validation sensorielle, étude en mouvement, etc…).

 

- Approfondir leur connaissance des besoins pédagogiques spécifiques de certaines catégories d’enfants (différents « dys », HP, Asperger, …) ainsi que des  apports potentiels de ces enfants-là vis-à-vis de l’ensemble du groupe-classe.

 

- Explorer des manières valorisantes et dynamisantes d’évaluer et de confronter les savoirs, savoir-faire, savoir-être et savoir-devenir des apprenants.

 

 

Si les formations en amont paraissent prioritaires, il sera cependant nécessaire également de former à tous les niveaux pour accélérer le processus.  Donc, formons dans ce sens-là également les élèves-enseignants et les enseignants en cours de carrière.

 

Que l’enseignement devienne une œuvre commune entre Maître et Disciples afin que chacun d’entre eux puisse se réaliser pleinement.

 

 

IV/ Outillage

 

Il y a un bon nombre de méthodes et d’outils pédagogiques qui existent sur le marché et d’autres qui n’ont pas réussi à voir le jour aux yeux d’un public élargi.

Personnellement, au fil des années et des rencontres avec des apprenants en difficulté et autres, j’ai élaboré quelques outils de ce type, passant par l’imaginaire et la métaphore.

 

Il serait important que toute cette richesse puisse être mobilisée et utilisée, notamment au sein des écoles, et que les enseignants apprennent à y recourir et à les employer plus systématiquement. 

Outre le fait que l’apprenant doit avoir la priorité sur le programme à apprendre, mon expérience me montre que ces recours ne constituent ni détour, ni perte de temps par rapport à l’apprentissage des matières, mais au contraire, des raccourcis puisque favorisant une compréhension plus globale et plus profonde, ainsi que des liens entre les différentes branches étudiées.  De plus, cette approche favorise l’équilibre psychique de chacun et développe se mémoire et ses méthodes d’apprentissages.

V/ Conclusions

 

Ont été présentées ici la nécessité d’une approche constructiviste et de la sollicitation de l’imaginaire en pédagogie.

Chaque point soulevé mériterait à lui seul un développement et une expérimentation systématiquement menés. 

Pour ce qui concerne le constructivisme, la pratique ne manque pas mais pour l’utilisation pédagogique de l’imaginaire, il y a encore du chemin à parcourir.  Le chemin visant à établir scientifiquement l’utilité de cette approche a besoin de recherches appliquées sous la forme d’une pratique systématique au sein des écoles et d’autres organismes de formation.